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Fils francophones dans le tissu albertain

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La communauté francophone de la région qu’on appelle aujourd’hui l’Alberta possède une riche histoire qui remonte à plus de 150 ans. Cette commu­nauté est profondément enracinée dans notre système d’éducation publique et dans la société albertaine au sens large.

1871

Majorité francophone 
La population de 48 000 habitants des Territoires du Nord-Ouest (les T.N.-O. à cette époque englobent ce qui est aujourd’hui l’Alberta) compte environ 20 000 catholiques (majoritairement francophones) et 8 000 protestants (majoritairement anglophones).

1875

Écoles confessionnelles garanties
La Loi sur les Territoires du Nord-Ouest prévoit et garantit des écoles confessionnelles protes­tantes et catholiques.

1884

Autonomie   
Une ordonnance scolaire prévoit qu’un conseil de douze membres (six catholiques et six protestants) admi­nistre les deux systèmes scolaires, chaque système scolaire jouissant d’une autonomie totale.

1885

Montée des anglophones 
Chez les francophones, la pendaison de Louis Riel et l’arrivée massive de colons anglophones suscitent un sentiment de domination anglophone.

1892

Anglais uniquement 
Une ordonnance scolaire impose l’anglais comme unique langue d’enseignement dans toutes les écoles des T.N.-O.; l’enseignement en français est néanmoins autorisé pendant le « cours primaire » (les deux premières années d’enseignement).

1905

Enseignement exclusivement en anglais  
La School Act de l’Alberta stipule que l’anglais est la seule langue d’enseignement, mais autorise l’utilisation du français pendant le « cours primaire ».

1915

Pas de bilinguisme 
La proposition Michener, adoptée par l’Assemblée législative de l’Alberta, s’oppose à toute forme de bilinguisme dans les écoles de la province.

1925

Une heure par jour 
Après plusieurs années de revendications, un nouveau règlement stipule que, dès la troisième année, le français pourra être enseigné une heure par jour. Si besoin est, des explications pourront aussi être données en français.

1960

Révolution tranquille 
À la suite des évènements au Québec, les Canadiens anglophones deviennent plus ouverts à la langue française et au bilinguisme.

1968

Moitié-moitié 
La School Act de l’Alberta est modifiée et permet dorénavant l’enseignement en français pendant jusqu’à la moitié des heures de cours, de la quatrième à la douzième année.

1982

Droits garantis
La Charte canadienne des droits et liber-tés garantit les droits des minorités francophones en matière d’éducation.
 

1984

Premières écoles francophones  
L’école Maurice-Lavallée à Edmonton et l’école Saint-Antoine à Calgary sont les deux premières écoles francophones publiques financées par le gouvernement albertain. Toutefois, elles continuent 
d’être administrées par des conseils scolaires de langue anglaise.

1990

Création de conseils scolaires francophones
La décision de la Cour suprême du Canada dans l’affaire Mahé a contraint le gouvernement de 
l’Alberta à établir des conseils scolaires francophones pour la minorité francophone, ce qui a 
été mis en œuvre en 1994.

2026

Aujourd’hui
L’Alberta compte 49 écoles publiques de langue française réparties dans quatre auto-
rités régionales de langue française, soit les conseils scolaires Centre-Nord, Centre-Est, FrancoSud et du Nord-Ouest.

Francophone threads in Alberta's fabric

The area that is now Alberta boasts a rich francophone history that dates back more than 150 years. The francophone community is deeply embedded in our public education system and broader society.

1871

French-speaking majority 
In the North-West Territories (NWT, which encompasses what is now Alberta), the population of 48,000 includes an estimated 20,000 Catholics (mostly French-speaking) and 8,000 Protestants (mostly English-speaking).

1875

Denominational schools guaranteed 
The North-West Territories Act creates and guarantees Protestant and Catholic denominational schools.

1884

Autonomy 
A school ordinance ensures that a 12-member board (6 Catholics and 6 Protestants) administers both school systems, with each system having complete autonomy.

1885

Anglophone upsurge 
Among francophones, the hanging of Louis Riel and an influx of English-speaking settlers create a sense of anglophone dominance.
 

1892

English only  
A school ordinance requires English as the sole language of instruction in all NWT schools; teaching in French is allowed during the “primary course” (first two years of instruction).

1905

English as sole language 
The Alberta School Act maintains English as the sole language of instruction while  allowing French in the primary course.

1915

No bilingualism
The Michener Motion, passed in the Alberta legislature, opposes any form of bilingualism in Alberta schools.

1925

One hour per day 
After many years of lobbying, a new regulation specifies that, starting in third grade, French may be taught for one hour per day and, if necessary, explanations may be given in French.

1960

Quiet Revolution
English-speaking Canadians become more open to the French language and bilingualism, partly due to events in Quebec. 

1968

Half and half
An amendment to the Alberta School Act authorizes teaching in French for up to 50 per cent of class time from Grades 4 to 12.

1982

Rights guaranteed 
The Canadian Charter of Rights and Freedoms guarantees the rights of French-speaking minorities in matters of education.

1984

First francophone schools

École Maurice-Lavallée in Edmonton and École Saint-Antoine in Calgary become the first two publicly funded French-language schools in Alberta. However, they are still managed by English-language school boards.

1990

Francophone boards created 

In the Mahé case, the Supreme Court of Canada requires the Alberta government to provide the francophone minority with French-language school boards, which is done in 1994. 

2026

Today
Alberta has 49 public French-language schools spread across four French-language regional authorities: Centre-Nord, Centre-Est, Nord-Ouest and FrancoSud school boards.